Comment contribuer à restaurer le fonctionnement des cours d’eau en s’inspirant de l’activité du castor ? Comment permettre aux citoyens de participer à ces démarches, aux côtés des scientifiques et des acteurs de l’eau ?
Ces questions sont au cœur de RESTOR, un projet porté conjointement par Charline Collard, de TBS Research Center, Joël Nayet et Gaëtan Husson de l’association Théra. Sa labellisation par la Zone Atelier PYGAR reconnaît l’intérêt scientifique d’une démarche qui associe expérimentation écologique et participation citoyenne.
La Zone Atelier PYGAR, un laboratoire à ciel ouvert
Créée en septembre 2017 par l’Institut Écologie et Environnement du CNRS, la Zone Atelier Pyrénées-Garonne fait partie du Réseau des Zones Ateliers, qui rassemble aujourd’hui 16 dispositifs de recherche ancrés dans les territoires.
Véritables laboratoires à ciel ouvert, les Zones Ateliers croisent les disciplines et s’appuient sur des observations et des expérimentations de longue durée. Elles cherchent à comprendre comment les sociétés et leur environnement évoluent ensemble face aux changements globaux. Elles sont aussi des espaces de dialogue entre scientifiques, citoyens et acteurs des territoires, pour construire des recherches et produire des connaissances utiles à l’action.
Dans les Pyrénées et le bassin de la Garonne, PYGAR étudie notamment la capacité des territoires à faire face aux perturbations écologiques et climatiques. Parmi les pistes explorées : mobiliser les processus naturels et le fonctionnement des écosystèmes pour réguler l’eau, atténuer les fortes chaleurs et préserver la biodiversité.
Une reconnaissance de l’approche écologique et citoyenne
RESTOR s’inscrit dans ces questionnements en associant des interventions inspirées de l’activité du castor à une recherche-action participative. Le projet étudie les liens entre les transformations des milieux aquatiques, les pratiques de gestion de l’eau et l’évolution des relations entre les citoyens et les rivières.
L’objectif est d’explorer comment ces solutions fondées sur les processus du vivant peuvent contribuer à restaurer le fonctionnement hydrologique et écologique des milieux aquatiques, tout en développant des formes d’action et de responsabilité partagées.
Dans son courrier de labellisation, la direction de PYGAR souligne deux dimensions complémentaires du projet :
- L’hydrologie régénérative, une thématique que la Zone Atelier souhaite développer pour explorer son potentiel face aux changements climatiques.
- La recherche-action participative, qui associe citoyens, scientifiques et acteurs de la gestion de l’eau dans la construction et le suivi des expérimentations.
Cette reconnaissance porte sur les questions et la démarche de recherche de RESTOR. Les effets des interventions restent à observer, à documenter et à évaluer au fil du projet.
Comprendre ce qui permet d’agir ensemble
La recherche ne concerne pas uniquement les évolutions du cours d’eau. Elle s’intéresse aussi aux conditions qui permettent à une initiative citoyenne de prendre forme et de s’inscrire dans la durée.
Qu’est-ce qui motive les citoyens à s’engager pour une rivière ? Comment réunir des personnes aux expériences et aux responsabilités différentes ? Comment construire une responsabilité partagée et élaborer ensemble des outils de suivi et d’évaluation ?
Le conseil scientifique de PYGAR relève l’intérêt de ces questions pour une recherche qui croise les disciplines et se construit avec les acteurs du territoire.
Pour Théra, elles sont indissociables du travail écologique : prendre soin des milieux demande aussi de cultiver les relations, les savoirs et les coopérations qui rendent cette action possible.
Observer, évaluer et partager les apprentissages
Étudier les solutions fondées sur la nature suppose d’en comprendre les mécanismes, d’en évaluer les effets et d’identifier les conditions de leur réussite.
À l’échelle de PYGAR, les équipes mobilisent différents outils et approches : images satellites, réseaux de capteurs environnementaux, analyses d’ADN environnemental et démarches de recherche associant la société. Ces moyens servent à documenter les transformations des milieux et à éclairer les choix des acteurs territoriaux et des politiques publiques.
Pour RESTOR, l’enjeu est de construire un suivi adapté aux expérimentations et aux questions posées, en associant les savoirs scientifiques et les connaissances du terrain.
Les résultats, les difficultés et les effets inattendus auront tous leur place dans ce travail. Leur partage permettra de faire évoluer les pratiques et de nourrir d’autres initiatives, en tenant compte des particularités de chaque lieu.
Un ancrage local, de nouvelles perspectives de coopération
La labellisation souligne également l’ancrage de RESTOR dans le bassin de la Garonne, à proximité du site-atelier « Axe Fluvial Garonne ».
Les collaborations scientifiques et territoriales envisagées pourront favoriser des échanges entre les expérimentations locales et les autres travaux menés au sein de PYGAR.
Cette labellisation apporte à RESTOR une reconnaissance institutionnelle de son intérêt scientifique et un accès au réseau interdisciplinaire de la Zone Atelier PYGAR. Elle ouvre également des perspectives de financements dédiés et de coopération à l’échelle européenne pour soutenir la poursuite des recherches et des expérimentations.
Poursuivre l’expérimentation et partager les apprentissages
Cette labellisation constitue une étape dans le développement de RESTOR. Elle encourage la poursuite d’une démarche qui avance par l’expérimentation, l’observation et l’apprentissage collectif.
Les résultats, les difficultés et les effets inattendus auront tous leur place dans ce travail. Leur partage permettra de nourrir les prochaines actions et d’éclairer d’autres initiatives, en tenant compte des particularités de chaque lieu.
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